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[Presse] Les berges de la colère
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Vlaljak
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Posté le: Lundi 18 Juin 2007 15:34
Sujet du message: [Presse] Les berges de la colère

Les berges de la colère


La grogne enfle contre les Voies Navigables de France, accusées d'entretenir le flou dans les autorisations. Les résidents, dont seule une minorité est en règle, réclament un vrai statut

« Arbitraire, intimidation, répression » : les pénichards n'ont pas de mots assez durs pour évoquer leurs rapports avec Voies Navigables de France, l'instance souveraine qui attribue les conventions d'occupation temporaire. Moyennant 100 € à 700 € par mois, ce sésame autorise ses rares détenteurs à s'amarrer durant 5 ans. Un statut précaire. « Et des critères d'attribution flous », selon Bernard Kuntz, président de Fauve, une association d'usagers. « Il y a des zones dangereuses ou à intérêt portuaire, classées rouge », justifie Emmanuel Mercenier, directeur adjoint du service navigation de VNF. Aucune carte ne les liste. Et rien n'est fait pour créer des places pérennes. Résultat : les installations sauvages se multiplient. Seuls 30 % à 50 % des occupants sont en règle. A Paris, sur 119 résidents, 67 ont un titre. Les autres sont hors la loi, « faute de places », plaide VNF. Un prétendu manque d'anneaux qui ne les empêche pas d'être amarrés. Ni de s'acquitter de la redevance : « On paie pour ne pas avoir le droit d'habiter notre bateau », râle l'un d'eux. Christian Duguet, président de l'ADHF-F (fédération des associations de défense de l'habitat fluvial), incite les résidents à rejoindre les 200 demandeurs inscrits sur la liste d'attente de VNF.

Un chiffre surprenant : en Ile-de-France, plus de 600 barges sont en infraction, donc en quête de place. « Bidon, coupe François Saint-Cast, un propriétaire en règle mais solidaire. Tout illégal est rayé de la liste. » Et la dérive continue : attaqués devant le tribunal administratif par VNF, les illégaux essuient de lourdes condamnations : ils doivent quitter les eaux. « Inepte, insiste Saint-Cast. Ça implique d'abandonner son bateau. Ou de le déchirer, destruction qui coûte au bas mot 50 000 €. » A défaut, les familles encourent 150 € d'astreinte par jour de retard. Comme Alain, ancré dans le 92 et condamné à 160 000 € : « Je risque la faillite : une véritable épée de Damoclès . » Pour plus de lisibilité, VNF s'attelle au « zonage » des rives. Ce recensement n'a jamais été fait. « Nous venons de créer un pôle logement, dit Emmanuel Mercenier. Le traitement actuel est trop complexe. »

Sur les berges, la grogne monte, ravivée par la loi sur l'eau de décembre, qui double la redevance des illégaux. Et confie au maire le soin d'autoriser ou non les bateaux. « De quoi mettre des gens dehors », prévient Fauve. « Les maires joueront le sort des habitants sur un coup de dés, renchérit l'ADHF-F. Ils pourront maintenir une famille ou la ruiner. » Même les légaux sont menacés. Inquiets, les résidents réclament un vrai statut : « On est en pleine crise du logement. Il reste des zones libres, pourquoi ne pas les légaliser ? » La loi a radicalisé leur position. « Ça va péter , promettent-ils. On est des vaches à lait. Vivre sur l'eau, c'est comme déchirer 100 € sous la pluie. Il faut avoir la passion chevillée au corps. » Et des finances solides. Redevance, entretien, vignette, assurance... le budget mensuel d'une péniche frôle les 2 000 €. Un gouffre.

À la recherche d'un statut

[...] (illisible) Nous voulons le statut de logement. Un plan d'occupation des berges pourrait prévoir un pourcentage dédié à l'habitat. Une façon de contrer les implantations sauvages. Et la spéculation : une minorité (5 %) place des péniches tampons dans des zones susceptibles d'être régularisées. Au lieu de régler cela, la loi sur l'eau menace 1 300 familles franciliennes, rattachées aux communes où elles votent, et où leurs enfants sont scolarisés. Si leur place n'est pas renouvelée, que feront-elles ? Elles sont à la merci du maire et de VNF, dont le statut hybride d'établissement public à caractère industriel et commercial ajoute à la confusion. Pourquoi autoriser des barges qui rapportent deux fois plus dans l'illégalité ?

Bateau pirate

C'est un quai bohème, où cohabitent un musicien, un photographe, un plasticien. Et Céline, la trentaine, créatrice de bijoux. Elle est installée avec son fils sur une maison flottante meublée de récup', en face des usines Renault de Boulogne-Billancourt (92). « Je suis en zone rouge, c'est-à-dire totalement interdite , raconte la brune brindille. Mais je n'ai pas vraiment eu le choix. Je ne savais pas où mettre mon bateau. » Chaque mois, elle doit débourser 200 pour la redevance. « C'est là toute l'hypocrisie du système , se lamente-t-elle. On paie pour un emplacement illégal ! En gardant l'impression d'être des pirates... » Depuis plus de cinq ans, Céline est inscrite sur la liste d'attente du Port autonome, et garde l'espoir qu'on lui attribue un autre secteur pour s'amarrer. Ses voisins ne sont pas tous aussi patients : le musicien a décidé de déménager sa péniche à 80 km de Paris : « Dès qu'il aura levé l'ancre, un autre bateau le remplacera illico. »

Source : nouvelobs.com
Publié par Isabelle Curtet-Poulner et Lise Martin, le 14/06/2007

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